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La vitamine D n’a pas d’effet sur les troubles non squelettiques

Une étude de chercheurs lyonnais publiée dans The Lancet Diabetes et Endocrinology vient de montrer que la supplémentation en vitamine D, contrairement aux idées reçues, n’aurait aucune efficacité dans la prévention des maladies non squelettiques.

On connait un grand nombre de vertus à cette vitamine comme son importance pour l’absorption du calcium, son rôle dans la croissance osseuse par exemple. Une étude vient cependant de montrer qu’elle n’agirait pas sur les trouble non squelettiques et n’aurait pas d’efficacité pour lutter contre les maladies cardiovasculaires, les cancers, la sclérose en plaques ou encore la maladie d’Alzheimer malgré le fait qu’un certain nombre d’études font un lien entre le déficit en vitamine D et ces pathologies.

Pour parvenir à ces conclusions, des épidémiologistes de l’International Prevention Research Institute basé à Lyon ont passé en revue 290 études prospectives qui observaient le taux de vitamine D ches des patients souffrant de diverses pathologies et 172 études d’intervention où les résultats suite à une supplémentation en vitamine D sont observés.

Alors que les études prospectives ont pu montrer un lien statistique entre un taux bas de vitamine D et l’incidence de la survenue de maladie non squelettique, aucun effet protecteur n’a été observé suite à la complémentation en vitamine D.

Au vue de ces résultats, les épidémiologistes ont émis l’hypothèse que pour toutes les maladies non squelettiques, le taux bas de vitamine D serait la conséquence des pathologies identifiées et non la cause. Le mauvais taux de vitamine D provoqué par les processus inflammatoires en jeu dans ces maladies signerait ainsi la détérioration de la santé et ne serait pas la cause.

Il ne servirait donc à rien de supplémenter l’ensemble de la population, cela pourrait même être dangereux, car la vitamine D peut entraîner une hypercalcémie à haute dose.

Et pourtant, des membres éminents de la communauté scientifique promeuvent la supplémentation, nous rappelle un éditorial de la revue qui a publié l’étude dirigée par le Pr Philippe Autier. Pour eux, si les études d’intervention ne prouvent pas l’efficacité d’un apport en vitamine D, c’est parce qu’elles seraient mal menées (supplémentation inadéquate, population mal choisie…).

La difficulté est qu’il est difficile de définir une dose optimale de vitamine D. En Amérique, un collège d’experts a définit un seuil minimal, sous lequel on peut être en déficit, à savoir 75 nmol/l, un taux largement sur-estimé d’après d’autres experts. Une preuve de l’inexactitude sur ce taux : des déficits en vitamine D ont été retrouvés chez des jeunes surfeurs hawaïens, qui passent le plus clair de leur temps au soleil (l’exposition aux UVB permet de synthétiser de la vitamine D).

Il faudrait moins de trente minutes par jour à la lumière extérieure pour synthétiser suffisamment de vitamine D, cette exposition variant en fonction de la couleur de peau et de la latitude : il faut en effet davantage d’exposition pour les personnes à peau pigmentée, qui ont plus de mal à faire la synthèse car leur peau arrête plus les UVB que les peau claire.

Mis à part l’exception de femmes à peau mate qui pour des raisons culturelles se couvrent le corps de vêtements, la supplémentation n’est pas nécessaire. Pourtant, 50 % de la population adulte américaine prendrait de la vitamine D.

Selon Philippe Autier, un taux inférieur à 30 nmol/l pose problème, mais il n’est pas nécessaire de doser la vitamine D sur l’ensemble de la population. La Haute autorité de santé (HAS) a ainsi rappelé qu’un dosage n’est nécessaire que dans certains cas définis, comme le rachitisme ou d’ostéomalacie, lorsque certains médicaments sont prescrits contre l’ostéoporose. Des adultes transplantés rénaux ou après une chirurgie de l’obésité peuvent également en avoir besoin ainsi que les personnes âgées victimes de chutes répétées et, éventuellement, présentant un risque élevé de fractures. C’est pourtant l’un des examens les plus remboursés par l’Assurance Maladie.Alzheimer

 

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