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France : affaire Bernard Tapie

Bernard Tapie s’est fait entubé par une banque, le Crédit Lyonnais, dans le rachat de l’équipementier sportif allemand Adidas. Mais à l’époque, cette banque nationalisée était sous contrôle de l’état français. Trois décennies plus tard, cet état doit rembourser les moins-values et les torts.

Flaubert avait commis un ouvrage sur le sujet. Reprise de l’idée, sans le talent

Gustave Flaubert fut un foutu sacré écrivain. Certainement l’un des plus grands pour ce qui concerne la « production française » dans cette catégorie de « production de biens et services culturels ». Sans nécessairement de succès d’édition. Passionné d’Orient, Gustave Flaubert a organisé, avec son ami Maxime du Camp, un long voyage dans le Proche-Orient qui se réalise entre 1849 et 1852. Dans son carnet de voyage, il fait le pari de « tout dire », depuis la descente éblouissante du Nil jusqu’à sa fréquentation des « maisons de plaisirs ». Ce voyage qui le conduit en Égypte et à Jérusalem en passant, au retour, par Constantinople et l’Italie, nourrira ses écrits ultérieurs de ses observations, de ses expériences et de ses impressions. Le 1er septembre 1857, Flaubert entame la rédaction de « Salammbô », roman historique qui évoque Carthage en révolte au troisième siècle avant J.-C., et pour cela, il voyage au cours des mois d’avril et juin 1858 en Tunisie afin de se documenter et de voir Carthage. Le roman paraît après une longue maturation en 1862. Deux ans plus tard, le 1er septembre 1864, Flaubert entreprend la version définitive de « L’Éducation sentimentale », bible du roman français. Le roman est publié en novembre 1869 : mal accueilli par la critique, il ne se vend qu’à quelques centaines d’exemplaires.

Entre-temps, en 1850, il achève la rédaction du « Dictionnaire des idées récuse », compilation des crétineries de son époque. Une citation : « Impérialistes : tous gens honnêtes, paisibles, polis, distingués ». Un jugement plus qu’acide prononcé en plein milieu du XIX° siècle !

Reprise du procédé, hélas sans le talent.

« Hollande est nul »

Cette thématique a fait longtemps la une des hebdomadaires, le thème récurrents des commentateurs et éditorialistes des medias pendant un an. Mou, inconstant, brouillon, désorganisé, insipide… les noms d’oiseaux se sont multipliés pour épingler le « président normal » appellation revendiquée par François Hollande lui-même. Car les Français réclament des présidents toujours atypiques, à forte personnalité, pour mieux les adorer et surtout mieux les détester. De Gaulle, Mitterrand, et pour partie Sarkozy furent appréciés, c’est-à-dire adorés ou détestés comme des monarques. Pompidou qui décéda lors de son 1er septennat ou Giscard d’Estaing qui n’en fit qu’un furent jugés par le peuple républicain comme trop fades. Chirac ? Il a été plutôt le « président copain » mais capable surtout de coûts d’éclat.

Et Hollande ? Rassurons mes compatriotes : François Hollande n’est pas un « président normal », ou alors il est dans la normalité de la plupart des chefs d’exécutifs de grands pays, un savant mélange d’intuition, de rouerie, de visions stratégiques et de calculs politiciens. François Hollande possède dans ces domaines de très sérieuses qualités. Il a la maîtrise de temps : il lui reste quatre ans d’exercice du pouvoir sans aucune possibilité d’opposition structurelle ; c’est un expert en matière électoral. Il fut neuf ans 1er secrétaire du Parti Socialiste, période pendant lesquelles sa formation a remporté toutes les élections sauf celle de Lionel Jospin à l’élection présidentielle de 2002. Mais parions que le François en a tiré des leçons. C’est un être jovial, sympathique, doté d’un vrai humour : il rassure les Français. Mais c’est également un être secret qui a certainement une stratégie qu’il ne livre pas. Dans ce domaine, le pari de François Hollande, très européiste, est qu’après une bonne crise de rigueur, la France et l’Europe retrouveront la croissance d’ici deux ou trois ans. Pour l’instant, les classes populaires et, fait nouveau, les classes moyennes qui tirent la langue à chaque fin de mois et qui l’ont élu, restent assez sceptiques sur cette promesse de sortie de fin de tunnel.

« On ne peut pas dépenser plus qu’on a »

Ce propos de bon sens pour la gestion des budgets des ménages ou des entreprises ne s’appliquent hélas pas pour ce qui concerne la gestion budgétaire des états. Pour la bonne raison qu’un état ne dépose jamais son bilan. Les deux premières économies mondiales, USA et Japon, sont les deux premiers détenteurs de dettes sur le plan planétaire ; les avoirs risqués, notamment en dollars de la Chine sont enfouis dans un profond et opaque secret ; une dévaluation de l’Euro permettrait aux économies européennes de sortir sans grandes difficultés de leurs crises actuelles. Mais la Banque Centrale Européenne, instance indépendante, pense le contraire et les autorités communautaires imposent aux peuples d’Europe une cure d’austérité qui tue la consommation et interdit la reprise de la croissance. A la fin, le malade sera guéri. Mais mort.

«Si vous vivez plus longtemps, il faut travailler plus longtemps»

Propos d’apparence d’un très bon sens. L’espérance de vie de mes concitoyens s’allonge d’un trimestre supplémentaire tous les deux ans. Plus ils sont vieux, plus ils sont à la charge de la collectivité nationale par un système de protection sociale financée par les actifs. Donc si la collectivité vieillit, il faut garantir la rentrée de la fiscalité sociale et allonger la durée de vie au travail. Oui, mais.

« Comme on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps ». Mais en oubliant de préciser que, si la durée de vie augmente effectivement, la durée de vie en bonne santé diminue et vite. Et pourtant, c’est bien ce qui nous intéresse, non? L’espérance de vie, sans incapacité après 65 ans ou sans maladie chronique, stagne depuis 2005 et est même en régression, ce qui signifie que les personnes après 65 ans ont de moins en moins d’années devant eux à vivre sans handicap. Sans oublier que dans une économie en récession, un vieux qu’on force à travailler occupe la place d’un jeune au chômage. 24% des jeunes européens de moins de 25 ans sont au sans emploi, sans compter ceux qui prolongent leur carrière universitaire avant de se retrouver devant une agence pour l’Emploi.

«La France et l’Allemagne sont le moteur de l’Union européenne»

Dans l’histoire des technologies, la voiture, outil de grande consommation, est un produit d’une extrême complexité. Si l’on prend dans les objets de la vie courante, les produits les plus simplets, on repère immédiatement le réfrigérateur… et l’ordinateur qui, hors les logiciels, est d’un fonctionnement un peu primaire. Un four à micro-ondes est beaucoup plus sophistiqué. Quant à la voiture, c’est un mélange très compliqué autour d’un moteur à explosion à essence ou fuel, qui intègre de l’électricité, de l’eau, des composants métalliques, plastiques, caoutchouteux, des compteurs divers, des sauvegardes en cas d’accident, et de plus en plus, un paquet d’informatique, d’économie numérique et d’accès à l’Internet ! Le tout disponible au conducteur dès qu’il fait tourner sa clé de contact. On ne sait pas si la France et l’Allemagne sont les moteurs de la bagnole européenne mais on croit savoir que l’Union européenne est une foutue machine compliquée et on ignore l’identité du conducteur.

« Il faut trouver les modalités de gestion sociale de la crise »

Si « Maame » Angela Merckel est l’actuelle conductrice de la bagnole européenne, il faut se faire du souci. Cette digne fille de pasteur luthérienne est convaincue que la rédemption par la souffrance, l’un des moteurs de la théologie chrétienne, est un axe sûr de la gouvernance politique. La vertu de la souffrance, surtout pour les autres. Mais, en clair, la solidarité, ciment fondamental de l’Europe, s’érode dramatiquement entre les pays riches et pauvres, entre l’Europe du Sud, du Nord et de l’Est. « Maame » Merckel se représente aux élections en septembre. Peut-être que l’opposition de gauche allemande pourra marquer des points, pour infléchir demain une politique injuste et inefficace pour les citoyens européens. Ach ! Gross erreur ! Les sociaux-démocrates allemands sont pires qu’elle ! François Hollande s’est joint aux cérémonies qui célébraient, le 23 mai, le 150ème anniversaire du Parti social-démocrate allemand. Il s’y est affiché comme héritier du congrès de Bad-Godesberg de 1959, qui a fondé le sociale-démocrate allemande et qui fleurait bon la guerre froide. Au résultat des sociaux-démocrates allemands (démocrates, peut-être…), les célèbres programmes « Hartz » initié par le chancelier social-démocrate Gerhardt Schroeder qui depuis sa fin de mandat est devenu le numéro trois de Gazprom, le célèbre gazier russe. Sans que cela ne choque personne, à l’évidence… Quelques exemples d’une vraie politique « sociale-démocrate » dans l’un des pays les plus riche de la planète et qui souhaite faire école dans toute l’Europe :

– Hartz II(2003): création des contrats « Minijobs» (contrat de travail précaire, de courte durée et moins taxé) et des contrats Midijob (salaire compris entre 400 et 800 euros par mois)

– Hartz IV (effective à partir de 2005 : baisse de 20% de l’indemnité des chômeurs de moins de 25 ans qui vivent chez leurs parents ; réduction de la durée d’indemnisation du chômage de 32 mois à 12 mois. Au-delà, les chômeurs ont droit à une allocation d’environ 350 euros à condition d’accepter les emplois qui leur sont proposés. L’allocation est réduite de 60% en cas de deux refus la même année. Elle est supprimée au troisième refus ; réduction des indemnités versées aux chômeurs de longue durée qui refusent des emplois en dessous de leur qualification ; création des «Jobs à 1 euro de l’heure» pour les chômeurs, même si une convention collective prévoit un salaire minimum. La grande coalition SPD-CDU a poursuivi cette logique de précarisation des salariés par notamment une période d’essai des contrats de travail a été allongée de 6 à 24 mois. Et les entreprises peuvent désormais embaucher des salariés de plus de 52 ans avec une période d’essai illimitée !

Au résultat, l’Allemagne compte aujourd’hui 5 millions de salariés dits « pauvres », au regard des critères internationaux.

« La France se déchire sur le mariage homosexuel »

La plupart des discussions de mes compatriotes portent aujourd’hui, pour l’extrême essentiel, sur trois sujets ontologiques : la météo, le pognon et le boulot. Le vif débat médiatique et urbain sur le mariage homosexuel ne passionne pas, loin de là, les foules, ni d’ailleurs peut-être pas même la population homosexuelle en France. S’affronte surtout sur la nouvelle loi autorisant en France, comme dans le reste de l’Europe, le mariage entre personnes du même sexe, une vieille frange de la France catholique et plus largement des milieux religieux, mobilisé souvent sur des thématiques théologiques anciennes mais parfaitement respectables et des franges militantes « républicaines », laïques pour qui l’égalité de droit entre citoyens est un impératif permanent. Conviction également parfaitement respectable. Parions néanmoins que si le projet de loi avait été proposé sous l’appellation « union » et non « mariage », le machin juridique serait passé comme une lettre à la poste.

Affaire Bernard Tapie

On a parfois l’impression que le pouvoir politique suscite parfois de grands débats de société, comme le mariage homosexuel, pour détourner l’attention de mes concitoyens sur les sujets très matériels qui les préoccupent beaucoup plus. L’affaire Tapie est en peut-être l’illustration la plus récente. Résumons vite. Une grande polémique a soulevé hier les medias sur une remise en cause d’un paiement de préjudice. Bernard Tapie est un autodidacte qui a fait fortune par son génie des affaires. Il est charmeur, sympathique, habile. Il a certainement joué sur les limites légales des procédures françaises. Mais infiniment moins que l’ensemble des dirigeants français des grandes entreprises bancaires et financières. Bernard Tapie s’est d’ailleurs fait entubé par une banque, le Crédit Lyonnais, dans le rachat de l’équipementier sportif allemand Adidas. Mais à l’époque, cette banque nationalisée était sous contrôle de l’état français. Trois décennies plus tard, cet état doit rembourser les moins-values et les torts. And so what ?

Pierre Morville

Entreprise

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