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Libération des otages français au Cameroun

L’on s’était douté que la famille française enlevée au Cameroun par des ravisseurs s’étant réclamés affiliés à l’organisation islamo-terroriste nigériane Boko Haram n’avait pas été libérée par eux sans contrepartie. Il se précise maintenant que les ravisseurs ont obtenu le versement d’une rançon de sept millions d’euros et la libération d’une quinzaine de prisonniers dont l’élargissement a été exigé par Boko Haram.

Sans démentir la réalité de la transaction avec le groupe terroriste, les autorités françaises persistent néanmoins à affirmer qu’elles n’ont concédé aucune contrepartie aux ravisseurs pour la libération de la famille Moulin-Fournier. Il paraît tout de même hautement improbable que les parties ayant négocié avec Boko Haram n’ont pas tenu informé Paris et obtenu son aval sur les termes de leur marchandage avec ses responsables. Selon des informations que des médias disent avoir obtenues de sources crédibles, ces parties seraient l’entreprise publique française GDF dont le chef de la famille otage est un employé et la présidence camerounaise. GDF aurait payé la rançon et la présidence camerounaise fait procéder à la libération des prisonniers réclamés par Boko Haram. Quelle que soit de toute façon la manière dont s’est conclu le marchandage avec les ravisseurs, l’Etat français ne peut nullement prétendre n’y être pour rien et s’en être tenu au respect de la doctrine du refus de négocier avec les preneurs d’otages énoncée par François Hollande.

Paul et Chantal Biya, le couple présidentiel camerounais

Paul et Chantal Biya, le couple présidentiel camerounais

Il est effectivement possible que les autorités françaises n’ont pas, comme elles l’affirment, négocié directement avec les ravisseurs, mais GDF n’a pu accepter de verser la rançon de 7 millions d’euros sans l’aval de l’Etat qui en est l’actionnaire principal et le président camerounais se résoudre à élargir les détenus terroristes réclamés sans invite et pression de la part de l’Elysée et du Quai d’Orsay. Au final donc, Paris a bel et bien fait une entorse à la doctrine sur les rapts d’otages fraîchement adoptée par le pouvoir socialiste. Les autorités françaises n’ont pas eu scrupule à écorner le principe du refus de marchander parce que en l’affaire il s’est agi du sort d’une famille dont le kidnapping a provoqué un choc dans l’opinion française qui les aurait rendues responsables d’une autre issue à celui-ci. La fermeté de façade affichée par Paris n’a été que paravent et les méandres auxquels a donné lieu l’accord intervenu entre les négociateurs et les ravisseurs ne cachent pas le fait que les autorités françaises se sont inclinées au diktat de ces derniers.

François Hollande s’attend indubitablement à une retombée positive sur sa popularité en berne de l’issue heureuse au rapt de la famille Moulin-Fournier. Il risque de déchanter car ce que beaucoup de Français retiendront de la gestion par lui de cette affaire sera qu’elle démontre, s’il en est encore besoin, l’inconsistance de ses engagements tant au plan économique que social ou sur celui de la lutte antiterroriste. L’opposition a beau jeu de brocarder les revirements et reniements devenus systématiques dans la conduite par Hollande et de son gouvernement des affaires d’Etat et de société de la France.

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